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"La littérature est cet engagement de plus en plus profond, depuis sa source jusqu’à sa fin, dans le silence. L’invention de l’écriture est la mise au silence du langage. C’est une seule et même aventure dont on ignore l’issue. Ce que le langage oral ne peut dire, tel est le sujet de la littérature. Et quel est ce silence ? Le langage en écho, l’ombre de la langue naturelle […] Le silence est comme un chiffon humide, il ôte la poussière sans la faire voler."
Déduction d’Oriane (feutre vert): d’où il découle naturellement que la littérature est la poussière du langage, sa lente désagrégation vers l’inutile. Cette idée me plaît assez. Il est vrai qu’à un premier niveau tout livre est destiné à la poussière mais cela reste superficiel ; plus intéressante est l’intuition que le langage littéraire est un résidu inutile, et même plutôt indésirable, du fonctionnement utile du langage? Ça me convient assez bien…
Note du copiste: j’ai retrouvé les fragments cités… Ils sont dans le livre de Quignard très loins l’un de l’autre et je ne sais si Oriane peut se permettre de faire ce genre de rencontre un peu trop proche du raisonnement philosophique mais, après tout, un auteur n’a-t-il pas tous les droits qu’il se donne?
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